lundi 11 juin 2018

Comment « faire la volonté de Dieu » ?


(« Pour l’amour de mon père
Ma mère, mes frères et mes sœurs
Oh oh, ce serait le bonheur »)[1]


Prédication du 10 juin 2018,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Marc 3,20-35


Marc 3, 20-35 (NBS)
Puis il revient à la maison, et la foule se rassemble encore : ils ne pouvaient pas même manger.
A cette nouvelle, les gens de sa parenté sortirent pour se saisir de lui, car ils disaient : Il a perdu la raison.
Les scribes qui étaient descendus de Jérusalem disaient : Il a Béelzéboul ; c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons !
Il les appela et se mit à leur dire, en paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut tenir ; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut tenir.
Si donc le Satan se dresse contre lui-même, il est divisé et il ne peut tenir : c’en est fini de lui.
Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens sans avoir d’abord lié cet homme fort ; alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis, tout sera pardonné aux fils des hommes, péchés et blasphèmes autant qu’ils en auront proférés ; mais quiconque blasphème contre l’Esprit saint n’obtiendra jamais de pardon : il est coupable d’un péché éternel.
C’est qu’ils disaient : Il a un esprit impur.
Sa mère et ses frères arrivent ; se tenant dehors, ils le firent appeler.
La foule était assise autour de lui et on lui dit : Ta mère, tes frères et tes sœurs sont dehors, et ils te cherchent.
Il répond : Ma mère et mes frères, qui est-ce ?
Puis, promenant ses regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères !
En effet, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.

Entretien avec François Jullien : « Penser comment promouvoir la vraie vie »

 François Jullien

Propos recueillis par Antoine Peillon, avec Isabelle de Gaulmyn (pour La Croix)
François Jullien, l’un des philosophes les plus traduits au monde, a tout de l’intellectuel français tel qu’on se l’imagine, y compris la crinière en bataille. Trois « événements » éditoriaux de ce printemps nous ont amenés à le rencontrer, afin de faire, avec lui, un retour sur son œuvre. En effet, un Cahier de L’Herne (le n° 121) lui est intégralement consacré, sous la direction de Daniel Bougnoux et François L’Yvonnet ; Si près, tout autre ; De l’écart et de la rencontre (Grasset) propose, à nouveau, de « penser l’autre », « ce qui peut relancer la philosophie et, d’abord, nous fait accéder à l’existence » ; enfin, dans Ressources du christianisme (L’Herne)[1], la relecture de l’évangile de Jean permet au philosophe de montrer, « sans y entrer par la foi », combien le christianisme est toujours une « ressource féconde » pour connaître « la vérité qui fait vivre ».[2]

jeudi 7 juin 2018

Théologie. Jésus-Christ, notre contemporain

Que peut-on écrire de nouveau – et de sérieux – sur Jésus-Christ, aujourd’hui ? Et du point de vue de la foi autant que de celui de l’histoire ? Bonne nouvelle : Emmanuel Durand réussit, dans un livre magistral, à renouveler profondément la christologie.

Jésus contemporain. Christologie brève et actuelle,
d’Emmanuel Durand,
Éd. du Cerf, 330 p., 18 €

Dominicain, professeur de théologie à Ottawa (Canada), Emmanuel Durand est déjà auteur d’une poignée de livres de théologie importants, tant par le nombre de pages que par la qualité, tous publiés aux Éditions du Cerf (1). À bientôt 46 ans seulement, la publication de son Jésus contemporain fait démonstration d’une maturité théologique et pédagogique peu commune. Ce nouveau livre, dense, solide et pour autant d’une écriture très limpide, offre, de plus, une méditation très personnelle, sensible, sur les « martyrs de notre temps », sur « la foule des opprimés », car « la figure ”historique” de Jésus se rencontre tout au long de l’histoire et dans le temps présent, à travers la foule des persécutés et des martyrs ».

lundi 4 juin 2018

A la table du Seigneur


Prédication du 3 juin 2018,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Marc 14,12-17 et 22-26


Le Tintoret, "La Cène", entre 1533 et 1566, Paris, église Saint-François-Xavier

Marc 14,12-17 et 22-26 (NBS)
12 Le premier jour des Pains sans levain, le jour où l’on sacrifiait la Pâque, ses disciples lui disent : Où veux-tu que nous allions te préparer le repas de la Pâque ?
13 Il envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au maître de maison : Le maître dit : Où est la salle où je mangerai la Pâque avec mes disciples ?
15 Il vous montrera une grande chambre à l’étage, aménagée et toute prête : c’est là que vous ferez pour nous les préparatifs.
16 Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, trouvèrent les choses comme il leur avait dit et préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze. (…)
22 Pendant qu’ils mangeaient, il prit du pain ; après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit et le leur donna en disant : Prenez ; c’est mon corps.
23 Il prit ensuite une coupe ; après avoir rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
24 Il leur dit alors : C’est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour une multitude.
25 Amen, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu.
26 Après avoir chanté, ils sortirent vers le mont des Oliviers.

lundi 7 mai 2018

Oracle du Seigneur : "Je suis l’amour, la joie et la vie…"


Prédication du 6 mai 2018,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Jean 15,9-17


 
Jan Brueghel l'Ancien (1568–1625), "Le sermon sur la montagne"

Jean 15, 9-17 (NBS)
9 Comme le Père m’a aimé (ἠγάπησέν / égapésen), moi aussi, je vous ai aimés (ἠγάπησα / égapésa). Demeurez dans mon amour (ἀγάπῃ / agapé).
10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour (ἀγάπῃ / agapé), comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour (ἀγάπῃ / agapé).
11 Je vous ai parlé ainsi pour que ma joie (χαρὰ / chara) soit en vous (ἐν ὑμῖν / èn umin) et que votre joie (χαρὰ / chara) soit complète (πληρωθῇ / plérothé).
12 Voici mon commandement : que vous vous aimiez (ἀγαπᾶτε / agapaté) les uns les autres comme je vous ai aimés (ἠγάπησα / égapésa).
13 Personne n’a de plus grand amour (ἀγάπην / agapèn) que celui qui se défait de sa vie (ψυχὴν / psuchèn) pour ses amis (φίλων / philon).
14 Vous, vous êtes mes amis (φίλοι / philoï) si vous faites ce que, moi, je vous commande.
15 Je ne vous appelle plus esclaves, parce que l’esclave ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelés amis (φίλους / philous), parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père.
16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que, vous, vous alliez, que vous portiez du fruit (καρπός / karpos) et que votre fruit (καρπός / karpos) demeure ; afin que le Père vous donne tout ce que vous lui demanderez en mon nom.
17 Ce que je vous commande, c’est que vous vous aimiez (ἀγαπᾶτε / agapaté) les uns les autres.

mercredi 11 avril 2018

Les « racines juives » de la foi chrétienne

Le pasteur et théologien Antoine Nouis raconte, sur le ton de la confidence, pourquoi et comment sa lecture profonde de la Bible hébraïque et des « commentaires des sages du judaïsme » enrichit sa foi chrétienne.

Nos racines juives,
d’Antoine Nouis,
Éditions Bayard, 150 p., 14,90 €

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,/ Et les mots pour le dire arrivent aisément » : ces vers classiques de l’Art poétique (1674) de Nicolas Boileau pourraient offrir un commentaire pertinent du dernier livre du pasteur Antoine Nouis, longtemps directeur de la rédaction de l’hebdomadaire protestant Réforme, aujourd’hui conseiller théologique du même journal. Car, en à peine cent cinquante pages aérées, l’auteur, dont un catéchisme et les prédications publiées sous forme de livres pédagogiques (1) ont connu un incontestable succès, met en œuvre une science exégétique très profonde de toute la Bible, « Premier » et « Nouveau » Testaments unis entre eux comme rarement, sans la moindre complexité d’expression.

jeudi 29 mars 2018

Philosophie. Éclairer l’Évangile, jusqu’au seuil de la foi

La relecture de l’Évangile de Jean permet au philosophe François Jullien de montrer, « sans y entrer par la foi », combien le christianisme est toujours une « ressource » féconde pour connaître « la vérité qui fait vivre ».

Ressources du christianisme,
de François Jullien,
Éditions de L’Herne, 2018, 128 p., 8 €

Le titre de ce petit livre n’est pas trompeur. Et si François Jullien ne précisait, dès son introduction, qu’il entend « dresser le bilan de ce que le christianisme a fait advenir dans la pensée » sans, pour autant, « y entrer par la foi », le chrétien pourrait y lire une quasi-apologie de sa religion. Car la relecture philosophique de l’Évangile de Jean permet à l’éminent helléniste et sinologue, auteur d’une quarantaine de livres traduits dans plus de vingt-cinq langues, de démontrer combien le christianisme originel nous offre d’abord, entre autres bienfaits, la possibilité de ne pas confondre « psuché », le simple fait d’être vivant, avec « zôé », la vie délivrée de son enlisement dans le monde.

lundi 5 mars 2018

Tu ne voleras point ! (לא תגנוב / lo tiguenov)

Prédication du 4 mars 2018,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

 

Sur Exode 20 :1-17 et Jean 2:13-25


Rembrandt, "Moïse montrant les Tables de la Loi", 1659, Berlin Gemäldegalerie.

Exode 20 :1-17 (NBS)
Le contrat de l’alliance : les Dix paroles
1 Alors Dieu prononça toutes ces paroles :
2 Je suis le SEIGNEUR (YHWH), ton Dieu ; c’est moi qui t’ai fait sortir de l’Egypte, de la maison des esclaves.
3 Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi.
4 Tu ne te feras pas de statue, ni aucune forme de ce qui est dans le ciel, en haut, de ce qui est sur la terre, en bas, ou de ce qui est au-dessous de la terre, dans les eaux.
5 Tu ne te prosterneras pas devant ces choses-là et tu ne les serviras pas ; car moi, le SEIGNEUR (YHWH), ton Dieu, je suis un Dieu à la passion jalouse, qui fais rendre des comptes aux fils pour la faute des pères, jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me détestent,
6 mais qui agis avec fidélité jusqu’à la millième génération envers ceux qui m’aiment et qui observent mes commandements.
7 Tu n’invoqueras pas le nom du SEIGNEUR (YHWH), ton Dieu, pour tromper : le SEIGNEUR ne tiendra pas pour innocent celui qui invoquera son nom pour tromper.
8 Souviens-toi du sabbat, pour en faire un jour sacré.

lundi 12 février 2018

Le toucher au lépreux


Prédication du 11 février 2018,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Marc 1:40-45



Jésus guérit un lépreux (NBS 2002)
40 Un lépreux vient à lui et, se mettant à genoux, il le supplie : Si tu le veux, tu peux me rendre pur. 41 Emu, il tendit la main, le toucha et dit : Je le veux, sois pur. 42 Aussitôt la lèpre le quitta ; il était pur. 43 Jésus, s’emportant contre lui, le chassa aussitôt 44 en disant : Garde-toi de rien dire à personne, mais va te montrer au prêtre, et présente pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour eux un témoignage. 45 Mais lui, une fois parti, se mit à proclamer (κηρύσσω / kerousso) la chose haut et fort et à répandre (διαφημίζω / diaphemizo) la Parole (λόγος / logos), de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville. Il se tenait dehors, dans les lieux déserts, et on venait à lui de toutes parts.

jeudi 25 janvier 2018

Aux sources religieuses de la liberté et de la non-violence

Essai. Le philosophe Rémi Brague, spécialiste des civilisations antique et médiévale ainsi que des religions monothéistes, défend les vertus existentielles et civiles du christianisme à travers son livre Sur la religion, paru le 17 janvier.


Sur la religion
de Rémi Brague
Flammarion, 250 p., 19 €

Le lecteur est souvent embarrassé, lorsqu’il ouvre un livre constitué d’articles divers et variés, publiés précédemment – et à des dates relativement distantes les unes des autres – dans des revues savantes ou des ouvrages collectifs universitaires. Car il arrive que le sens général, la clarté et la netteté du propos de l’auteur soient difficiles à reconstituer à partir de fragments trop disparates d’une pensée en évolution.

lundi 8 janvier 2018

La marche à l'étoile


Prédication du 7 janvier 2018,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Epiphanie

Sur Matthieu 2.1-12


 
Henri Rivière, "La crèche", dans La Marche à l'étoile, Flammarion, 1890

Mat. 2.1-12 (Louis Segond 1910)
Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s’informa auprès d’eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent : A Bethléhem en Judée ; car voici ce qui a été écrit par le prophète : Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël, mon peuple.
Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait. Puis il les envoya à Bethléhem, en disant : Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant ; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer.
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta.
Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

dimanche 10 décembre 2017

Une fresque historique du protestantisme français

Le Protestantisme français. La belle histoire (XVIe-XXIe siècle),
de Patrick Cabanel,
Alcide, 160 p., 35 €

 
 
Historien majeur, Patrick Cabanel a puisé, dans les trésors d’une vingtaine de musées, plus d’une centaine de tableaux, gravures, monnaies, photographies et autres œuvres, afin d’illustrer les « grandes pages » de l’histoire de la Réforme en France.

Musée sur papier

Cette iconographie inédite mitige beaucoup la réputation du protestantisme comme confession iconoclaste et constitue bien « un premier musée national d’art et d’histoire du protestantisme ». Un « musée » sur beau papier, et très savant aussi, du fait de la densité des mises en perspective et de la bibliographie données par Patrick Cabanel à l’éditeur nîmois de cette « belle histoire ».
Une histoire pleine d’heurs et de malheurs, « avec ses joies, ses peines, ses erreurs, ses souvenirs enfouis, ses oublis, ses moments glorieux, mais aussi sa constance et sa fidélité ».
Antoine Peillon (publié dans La Croix)

lundi 6 novembre 2017

Votre serviteur


Prédication du 5 novembre 2017,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Matthieu 23, 1-12




(Mt. 23, 1-12 / Segond 1910)
1 Alors Jésus, parlant à la foule et à ses disciples, dit:
2 Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse.
3 Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs oeuvres. Car ils disent, et ne font pas.
4 Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt.
5 Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements;
6 ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues;
7 ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi.
8 Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères.
9 Et n'appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux.
10 Ne vous faites pas appeler directeurs; car un seul est votre Directeur, le Christ.
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
12 Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.

lundi 9 octobre 2017

Vignoble de sang (Le destin violent des prophètes)


Prédication du 8 octobre 2017,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG


Sur Matthieu 21.33-43
Les mauvais vignerons, "Miroir du salut de l'homme", enluminure, c. 1450, BN de la Haye

(NBS) 33Écoutez une autre parabole. Il y avait un maître de maison qui planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, y creusa un pressoir et y construisit une tour, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.
34A l’approche des vendanges, il envoya ses esclaves chez les vignerons, pour recevoir les fruits de la vigne.
35Les vignerons prirent ses esclaves ; l’un, ils le battirent ; un autre, ils le tuèrent ; un autre encore, ils le lapidèrent.
36Il envoya encore d’autres esclaves, en plus grand nombre que les premiers ; les vignerons les traitèrent de la même manière.
37Enfin il leur envoya son fils, en disant : « Ils respecteront mon fils ! »
38Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent : « C’est l’héritier ! Venez, tuons-le, et nous aurons son héritage. »
39Ils le prirent, le chassèrent hors de la vigne et le tuèrent.
40Lorsque le maître de la vigne viendra, comment traitera-t-il donc ces vignerons ?
41Ils lui répondirent : Ces misérables, il les fera disparaître misérablement, et il louera la vigne à d’autres vignerons qui lui donneront les fruits en leur temps.
42Jésus leur dit : N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
C’est la pierre que les constructeurs ont rejetée qui est devenue la principale, celle de l’angle ; cela est venu du Seigneur, c’est une chose étonnante à nos yeux.
43C’est pourquoi, je vous le dis, le règne de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une nation qui en produira les fruits.
44Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera.
45Après avoir entendu ses paraboles, les grands prêtres et les pharisiens comprirent que c’était d’eux qu’il parlait ;
46ils cherchaient à le faire arrêter, mais ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

lundi 17 juillet 2017

« Entende qui a des oreilles ! »


Prédication du 16 juillet 2017,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Matthieu 13,1-23



Vincent Van Gogh, "Le Semeur au soleil couchant", Arles, juin 1888

Matthieu 13,1-23 (Segond 1910)
1 Ce même jour, Jésus sortit de la maison, et s'assit au bord de la mer.
2 Une grande foule s'étant assemblée auprès de lui, il monta dans une barque, et il s'assit. Toute la foule se tenait sur le rivage.
3 Il leur parla en paraboles sur beaucoup de choses, et il dit :
4 Un semeur sortit pour semer. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent, et la mangèrent.
5 Une autre partie tomba dans les endroits pierreux, où elle n'avait pas beaucoup de terre : elle leva aussitôt, parce qu'elle ne trouva pas un sol profond ;
6 mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines.
7 Une autre partie tomba parmi les épines : les épines montèrent, et l'étouffèrent.
8 Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit, un grain cent, un autre soixante, un autre trente.
9 Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.
10 Les disciples s'approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?
11 Jésus leur répondit : Parce qu'il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné.
12 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.
13 C'est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils n'entendent ni ne comprennent.
14 Et pour eux s'accomplit cette prophétie d’Ésaïe ; Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point ; Vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point.
15 Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, Qu'ils ne comprennent de leur cœur, Qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.
16 Mais heureux sont vos yeux, parce qu'ils voient, et vos oreilles, parce qu'elles entendent.
17 Je vous le dis en vérité, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.
18 Vous donc, écoutez ce que signifie la parabole du semeur.
19 Lorsqu'un homme écoute la parole du royaume et ne la comprend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son cœur : cet homme est celui qui a reçu la semence le long du chemin.
20 Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie ;
21 mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute.
22 Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c'est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle et la séduction des richesses étouffent cette parole, et la rendent infructueuse.
23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend ; il porte du fruit, et un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente.


lundi 10 juillet 2017

« Doux et humble par le cœur »


Prédication du 9 juillet 2017,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

 

Sur Zacharie 9,9-10 et Matthieu 11,25-30

 


Zacharie 9,9-10 / TOB
Le messie humble et pacifique
9 Tressaille d’allégresse, fille de Sion !
Pousse des acclamations, fille de Jérusalem !
Voici que ton roi s’avance vers toi ;
il est juste et victorieux,
humble, monté sur un âne
– sur un ânon tout jeune.
10 Il supprimera d’Ephraïm le char de guerre
et de Jérusalem, le char de combat.
Il brisera l’arc de guerre
et il proclamera la paix pour les nations.
Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre
et du Fleuve jusqu’aux extrémités du pays.

Matthieu 11,25 -30 / TOB
Le Père et le Fils
25 En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits.
26 Oui, Père, c’est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance.
27 Tout m’a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
Prenez mon joug
28 « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos.
29 Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble par le cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes.
30 Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. »

lundi 29 mai 2017

« Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. »


Prédication du 28 mai 2017,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Jean 17,1-11

 
Duccio di Buoninsegna (Sienne vers 1255-1260 - vers 1318-1319)

Jean 17,1-11 (Bible Segond, 1910)
1 Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit : Père, l'heure est venue ! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, 2 selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu'il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. 3 Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. 4 Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire. 5 Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.
6 J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole. 7 Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi. 8 Car je leur ai donné les paroles que tu m'as données ; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. 9 C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi ; - 10 et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux. 11 Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous.

lundi 1 mai 2017

Compagnons d'Emmaüs, en clair-obscur

Prédication du 30 avril 2017,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

  

Sur Luc 24,13-35

 Dirck von Santvoort, "Le Christ se révélant aux pelerins d'Emmaüs",1633

L’apparition aux disciples d’Emmaüs (TOB)
13 Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem.
14 Ils parlaient entre eux de tous ces événements.
15 Or, comme ils parlaient et discutaient ensemble, Jésus lui-même les rejoignit et fit route avec eux ;
16 mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
17 Il leur dit : « Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? » Alors ils s’arrêtèrent, l’air sombre.
18 L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : « Tu es bien le seul à séjourner à Jérusalem qui n’ait pas appris ce qui s’y est passé ces jours-ci ! » –
19 « Quoi donc ? » leur dit-il. Ils lui répondirent : « Ce qui concerne Jésus de Nazareth, qui fut un prophète puissant en action et en parole devant Dieu et devant tout le peuple :
20 comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié ;
21 et nous, nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël. Mais, en plus de tout cela, voici le troisième jour que ces faits se sont passés.
22 Toutefois, quelques femmes qui sont des nôtres nous ont bouleversés : s’étant rendues de grand matin au tombeau
23 et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu’elles ont même eu la vision d’anges qui le déclarent vivant.
24 Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ce qu’ils ont trouvé était conforme à ce que les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
25 Et lui leur dit : « Esprits sans intelligence, cœurs lents à croire tout ce qu’ont déclaré les prophètes !
26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et qu’il entrât dans sa gloire ? »
27 Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.
28 Ils approchèrent du village où ils se rendaient, et lui fit mine d’aller plus loin.
29 Ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. » Et il entra pour rester avec eux.
30 Or, quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna.
31 Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent, puis il leur devint invisible.
32 Et ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures ? »
33 A l’instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem ; ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons,
34 qui leur dirent : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon. »
35 Et eux racontèrent ce qui s’était passé sur la route et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain.