Affichage des articles dont le libellé est Agamben. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Agamben. Afficher tous les articles

mardi 21 mars 2017

Agamben, au sommet de sa théologie de l’histoire

Le philosophe italien, exégète des épîtres de Paul et des Pères de l’Église, a-t-il élucidé la raison véritable de la renonciation de Benoît XVI, en 2013 ? Il en fait, en tout cas, une lecture eschatologique qui interpelle, au-delà de l’histoire propre de l’Église, « la situation politique des démocraties » et la « décision de chacun » face au mal.

Le mystère du mal. Benoît XVI et la fin des temps,
de Giorgio Agamben, traduit de l’italien par Joël Gayraud,
Bayard, 150 p. 14,90 €

Relativement peu connu du public, certes un peu difficile à lire autrement qu’avec la concentration d’un étudiant, le penseur italien Giorgio Agamben, né à Rome en 1942, bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance internationale considérable chez les philosophes, mais aussi chez les théologiens. En témoignent, tout dernièrement, en France, le très riche numéro double de la revue Critique (janvier et février 2017) qui lui est entièrement consacré, ainsi que la publication en un seul fort volume de neuf de ses quelque trente-cinq livres, parmi les plus importants, sous le titre générique d’Homo Sacer (« homme sacré », mais qui ne dispose plus d’aucun droit civique), en novembre dernier (1).

samedi 11 octobre 2014

Le monastère planétaire

Le monastère planétaire

d’Yves Bernabeu

Le Relié, 188 p., 17 €

 
 
Rabelais nous a donné, au milieu du XVIe siècle, l’abbaye de Thélème, dont la devise trompeuse en première lecture, « Fais ce que voudras », ne pouvait masquer l’idéal évangélique du Gargantua, sa glorification de la Jérusalem céleste et de la volonté divine comme source de nos volontés humaines. Dans cette première décennie du IIIe millénaire, le grand philosophe italien Giorgio Agamben nous a aussi gratifiés d’une méditation salutaire sur le monachisme occidental (1), de Pacôme le Grand (vers 292 – 346 après J.-C.) jusqu’à François d’Assise, où l’ascèse de la « très haute pauvreté » vise une extraordinaire libération.

Une autre mondialisation

Et voici qu’Yves Bernabeu, enseignant de yoga, consultant et grand marcheur leur emboîte le pas, déployant à partir de ses expériences réalisées au cœur des crises sociales et personnelles (elles sont liées, mutuellement, dit-il) l’utopie d’une « société spirituelle » qui se veut « réelle proposition » d’un « monastère planétaire ». Pourquoi « monastère » ? Parce que la source de la révolution spirituelle et sociale proposée par ces pages limpides est intérieure, en chaque personne, et qu’elle est libérée par la méditation, la contemplation, le recueillement, mais aussi par la « liturgie du jour » ou la religion qui sont sorties du « cloître ». Dans ces conditions, une autre mondialisation que celle de la marchandise est imaginable, en quête d’un « Esprit sans bornes ».

Antoine Peillon (publié dans La Croix)
(1) G. Agamben, De la très haute pauvreté. Règles et formes de vie, Payot, 2011.