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dimanche 2 juin 2019

« La postérité de David et l’étoile brillante du matin »


« La postérité de David et l’étoile brillante du matin »
Par Antoine Peillon
Dimanche 2 juin 2019
Temple Arago et Maison fraternelle (PRQL)



Le Jugement dernier, par Stefan Lochner, vers 1435

Apocalypse 22

12Voici : je viens bientôt, et j’apporte avec moi ma rétribution pour rendre à chacun selon son œuvre.
13Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.
(…)
16Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin.
17L’Esprit et l’épouse disent : Viens ! Que celui qui entend, dise : Viens ! Que celui qui a soif, vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie gratuitement !
(…)
20Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus !
21Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous !

mercredi 14 novembre 2018

Apocalypse de notre temps. Béhémoth, eschatologie et destructivité humaine

Béhémoth et Léviathan, aquarelle préparatoire de William Blake pour les illustrations du Livre de Job (1826)


Apocalypse de Jean, 3, 13-15 (Segond 1910)

Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises !
Écris à l'ange de l'Église de Laodicée : Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu :
Je connais tes œuvres...

Dès 1942, n’ayant pas encore connaissance du génocide des Juifs, mais ayant tout compris du nazisme, bien qu’exilé aux États-Unis, Franz Neumann écrit un livre incroyable, ayant pour titre Béhémoth ; Structure et pratique du national-socialisme. Ce livre fut publié en 1942 aux États-Unis, et rapidement réédité. Il ne fut traduit et édité en France qu’en 1986, chez Payot. Neumann, qui appartient à l’École de Francfort, affirme que le national-socialisme est le règne de l’anarchie, des voyous et des intérêts particuliers. Ce n’est pas le Léviathan, contrairement à la compréhension commune, c’est-à-dire un État totalitaire monolithique et tout-puissant. C’est, au contraire, la disparition de la Loi, l’explosion des intérêts particuliers, et la violence déchaînée, à commencer par celle des plus forts et des plus malfaisants. C’est cela, le Béhémoth, la figure mythique du Béhémoth[1], pluriel superlatif du mot qui désigne, en hébreu biblique, le bétail, les animaux domestiques (Genèse, I, 24). Dans le livre de Job (XL, 15), Béhémoth prend l’allure d’un pluriel intensif et mythique : il désigne la Bête par excellence, la force animale que Dieu peut seul maîtriser, mais dont la domestication échappe à l’homme. On retrouve aussi le Béhémoth dans la littérature apocalyptique juive, au seuil de l’ère chrétienne. Dans le Baruch syriaque (XXIX, 4), il est dit que Béhémoth et Léviathan, apparus au cinquième jour de la Création, seront servis en nourriture aux Justes, lors du grand banquet messianique. La même idée se retrouve dans le Quatrième Livre d’Esdras (VI, 47).

mardi 21 mars 2017

Agamben, au sommet de sa théologie de l’histoire

Le philosophe italien, exégète des épîtres de Paul et des Pères de l’Église, a-t-il élucidé la raison véritable de la renonciation de Benoît XVI, en 2013 ? Il en fait, en tout cas, une lecture eschatologique qui interpelle, au-delà de l’histoire propre de l’Église, « la situation politique des démocraties » et la « décision de chacun » face au mal.

Le mystère du mal. Benoît XVI et la fin des temps,
de Giorgio Agamben, traduit de l’italien par Joël Gayraud,
Bayard, 150 p. 14,90 €

Relativement peu connu du public, certes un peu difficile à lire autrement qu’avec la concentration d’un étudiant, le penseur italien Giorgio Agamben, né à Rome en 1942, bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance internationale considérable chez les philosophes, mais aussi chez les théologiens. En témoignent, tout dernièrement, en France, le très riche numéro double de la revue Critique (janvier et février 2017) qui lui est entièrement consacré, ainsi que la publication en un seul fort volume de neuf de ses quelque trente-cinq livres, parmi les plus importants, sous le titre générique d’Homo Sacer (« homme sacré », mais qui ne dispose plus d’aucun droit civique), en novembre dernier (1).