lundi 7 octobre 2019

Just because I fell in love one Sunday morning







(Just because I fell in love one Sunday morning)
Just because I fell in love
(Just because I fell in love one Sunday morning)
Just because I fell in love..
(Just because I fell in love one Sunday morning)
Sweet, sweet love
(Just because I fell in love one Sunday morning) ...

“Soli Deo Gloria”, par Abigaïl Bassac

https://www.evangile-et-liberte.net/numero/332/

"Soli Deo Gloria", affirme la théologie protestante. Cinq « seuls » sont habituellement associés au tournant de la Réforme : sola gratia, solus Christus, sola fide, sola scriptura et soli Deo gloria, respectivement « la grâce seule », « le Christ seul », « par la foi seule », « l’Écriture seule » et « à Dieu seul la gloire ». Ces affirmations brèves désavouent en quelques mots la théologie dominante avant la Réforme. « La grâce seule » récuse le mérite, « le Christ seul » conteste à toute autre instance la position de médiateur entre Dieu et l’homme, « par la foi seule » réfute que les œuvres puissent jouer un quelconque rôle dans le salut, « l’Écriture seule » revendique que la tradition de l’Église ne doit pas avoir le même poids que la Bible lorsqu’il est question de norme. Quid de soli Deo gloria ?
C’est la plus dérangeante de toutes les devises de la théologie protestante parce que c’est celle qui nous parle le plus directement. Elle retentit aux oreilles de ceux qui fondent des sociétés dans lesquelles l’honneur, la face, sont les critères pour dire la valeur d’une personne. Nous sommes encouragés à intégrer que l’on est quelqu’un parce qu’on a une réputation, des décorations, parce qu’on n’est jamais mis en défaut publiquement, parce qu’on n’avoue jamais qu’on ne sait pas. On se sent fort parce que nos stratagèmes pour n’être jamais mis à nu dans notre vulnérabilité fonctionnent plutôt bien. Mais tout cela est vain, buée, comme dirait Qohélet, lorsqu’on le rapporte à ce qui est ultime. Les hommes sont des créatures merveilleuses, mais gardons-nous de rechercher fébrilement la gloire car l’ultime n’est pas humain mais divin. Il est notre quête, ce qui nous fait tendre vers le sens, la vie. Ainsi, affirmer « à Dieu seul la gloire » est finalement aussi source d’une libération pour l’homme.

Évangile & liberté n° 332, octobre 2019 / abonnement