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lundi 11 juin 2018

Entretien avec François Jullien : « Penser comment promouvoir la vraie vie »

 François Jullien

Propos recueillis par Antoine Peillon, avec Isabelle de Gaulmyn (pour La Croix)
François Jullien, l’un des philosophes les plus traduits au monde, a tout de l’intellectuel français tel qu’on se l’imagine, y compris la crinière en bataille. Trois « événements » éditoriaux de ce printemps nous ont amenés à le rencontrer, afin de faire, avec lui, un retour sur son œuvre. En effet, un Cahier de L’Herne (le n° 121) lui est intégralement consacré, sous la direction de Daniel Bougnoux et François L’Yvonnet ; Si près, tout autre ; De l’écart et de la rencontre (Grasset) propose, à nouveau, de « penser l’autre », « ce qui peut relancer la philosophie et, d’abord, nous fait accéder à l’existence » ; enfin, dans Ressources du christianisme (L’Herne)[1], la relecture de l’évangile de Jean permet au philosophe de montrer, « sans y entrer par la foi », combien le christianisme est toujours une « ressource féconde » pour connaître « la vérité qui fait vivre ».[2]

lundi 4 juin 2018

A la table du Seigneur


Prédication du 3 juin 2018,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Marc 14,12-17 et 22-26


Le Tintoret, "La Cène", entre 1533 et 1566, Paris, église Saint-François-Xavier

Marc 14,12-17 et 22-26 (NBS)
12 Le premier jour des Pains sans levain, le jour où l’on sacrifiait la Pâque, ses disciples lui disent : Où veux-tu que nous allions te préparer le repas de la Pâque ?
13 Il envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au maître de maison : Le maître dit : Où est la salle où je mangerai la Pâque avec mes disciples ?
15 Il vous montrera une grande chambre à l’étage, aménagée et toute prête : c’est là que vous ferez pour nous les préparatifs.
16 Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, trouvèrent les choses comme il leur avait dit et préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze. (…)
22 Pendant qu’ils mangeaient, il prit du pain ; après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit et le leur donna en disant : Prenez ; c’est mon corps.
23 Il prit ensuite une coupe ; après avoir rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
24 Il leur dit alors : C’est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour une multitude.
25 Amen, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu.
26 Après avoir chanté, ils sortirent vers le mont des Oliviers.

lundi 7 mai 2018

Oracle du Seigneur : "Je suis l’amour, la joie et la vie…"


Prédication du 6 mai 2018,

temple Port-Royal / Quartier latin (Paris 5 et 13)

Antoine Peillon SDG

Sur Jean 15,9-17


 
Jan Brueghel l'Ancien (1568–1625), "Le sermon sur la montagne"

Jean 15, 9-17 (NBS)
9 Comme le Père m’a aimé (ἠγάπησέν / égapésen), moi aussi, je vous ai aimés (ἠγάπησα / égapésa). Demeurez dans mon amour (ἀγάπῃ / agapé).
10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour (ἀγάπῃ / agapé), comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour (ἀγάπῃ / agapé).
11 Je vous ai parlé ainsi pour que ma joie (χαρὰ / chara) soit en vous (ἐν ὑμῖν / èn umin) et que votre joie (χαρὰ / chara) soit complète (πληρωθῇ / plérothé).
12 Voici mon commandement : que vous vous aimiez (ἀγαπᾶτε / agapaté) les uns les autres comme je vous ai aimés (ἠγάπησα / égapésa).
13 Personne n’a de plus grand amour (ἀγάπην / agapèn) que celui qui se défait de sa vie (ψυχὴν / psuchèn) pour ses amis (φίλων / philon).
14 Vous, vous êtes mes amis (φίλοι / philoï) si vous faites ce que, moi, je vous commande.
15 Je ne vous appelle plus esclaves, parce que l’esclave ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelés amis (φίλους / philous), parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père.
16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que, vous, vous alliez, que vous portiez du fruit (καρπός / karpos) et que votre fruit (καρπός / karpos) demeure ; afin que le Père vous donne tout ce que vous lui demanderez en mon nom.
17 Ce que je vous commande, c’est que vous vous aimiez (ἀγαπᾶτε / agapaté) les uns les autres.

jeudi 29 mars 2018

Philosophie. Éclairer l’Évangile, jusqu’au seuil de la foi

La relecture de l’Évangile de Jean permet au philosophe François Jullien de montrer, « sans y entrer par la foi », combien le christianisme est toujours une « ressource » féconde pour connaître « la vérité qui fait vivre ».

Ressources du christianisme,
de François Jullien,
Éditions de L’Herne, 2018, 128 p., 8 €

Le titre de ce petit livre n’est pas trompeur. Et si François Jullien ne précisait, dès son introduction, qu’il entend « dresser le bilan de ce que le christianisme a fait advenir dans la pensée » sans, pour autant, « y entrer par la foi », le chrétien pourrait y lire une quasi-apologie de sa religion. Car la relecture philosophique de l’Évangile de Jean permet à l’éminent helléniste et sinologue, auteur d’une quarantaine de livres traduits dans plus de vingt-cinq langues, de démontrer combien le christianisme originel nous offre d’abord, entre autres bienfaits, la possibilité de ne pas confondre « psuché », le simple fait d’être vivant, avec « zôé », la vie délivrée de son enlisement dans le monde.

mercredi 17 juin 2015

Edgar Morin, en présence du « suprême Mystère »

Est-ce un livre testament ? Le philosophe y offre un «message ultime», où la vie, la résistance et le mystère font un.

, le


L’AVENTURE DE « LA MÉTHODE »
d’Edgar Morin
Éditions du Seuil, 176 p., 18 €

C’est par L’Aventure de «La Méthode d’Edgar Morin, son dernier livre paru, que pourra se faire, désormais, la plongée la plus simple dans son œuvre immense. Le sociologue et philosophe, qui va aujourd’hui sur ses 94 ans, réussit le tour de force de fondre en une seule vie des décennies de recherches fondamentales, d’engagements civiques éclatants et de pensées morales ou spirituelles.
Cette «aventure» de sa vie, qu’il partage aujourd’hui avec tous, commence par une enfance endeuillée par la mort de sa mère adorée, alors qu’il n’avait que 10 ans. Dans un premier chapitre très personnel, intitulé «La recherche de mes vérités», Edgar Morin se souvient aussi – au-delà de sa peine inconsolable de son adolescence – comment, vivant dans le monde « somnambulique » des années 1930, il fut de ceux qui rejetaient pareillement le nazisme et le stalinisme.