mardi 21 avril 2015

Edgar Morin : « L’encyclique Laudato Si’ est peut-être l’acte 1 d’un appel pour une nouvelle civilisation »

Pour ce sociologue non croyant, l’encyclique du pape François offre cette vision complexe de l’écologie qu’il appelle lui-même de ses vœux.

Vous n’avez pas hésité, après l’avoir lu, à qualifier l’encyclique Laudato si’ (La Croix du 19 juin) de providentielle. Qu’est-ce à dire ?
Edgar Morin : Providentielle, non pas dans le sens de la divine providence ! Mais nous vivons dans une époque de désert de la pensée, une pensée morcelée où les partis qui se prétendent écologistes n’ont aucune vraie vision de l’ampleur et de la complexité du problème, où ils perdent de vue l’intérêt de ce que le pape François dans une merveilleuse formule reprise de Gorbatchev appelle « la maison commune ». Or cette même préoccupation d’une vue complexe, globale, au sens où il faut traiter les rapports entre chaque partie, m’a toujours animé (2).
Dans ce « désert » actuel, donc, voilà que surgit ce texte que je trouve tellement bien pensé, et qui répond à cette complexité ! François définit « l’écologie intégrale », qui n’est surtout pas cette écologie profonde qui prétend convertir au culte de la Terre, et tout lui subordonner. Il montre que l’écologie touche en profondeur nos vies, notre civilisation, nos modes d’agir, nos pensées.
Plus profondément, il critique un paradigme « techno-économique », cette façon de penser qui ordonne tous nos discours, et qui les rend obligatoirement fidèles aux postulats techniques et économiques pour tout résoudre. Avec ce texte, il y a à la fois une demande de prise de conscience, une incitation à repenser notre société, et à agir. C’est bien le sens de providentiel : un texte inattendu, et qui montre la voie.

samedi 17 janvier 2015

Sur la terre comme au ciel



Adam et Eve au paradis terrestre, par Johann Wenzel Peter
(Karlsbad 1745 – Rome 1829)


Samedi 17 janvier 2015, de 17h à 18h30, à la Maison fraternelle. Antoine Peillon.
Exégèse de Matthieu 6:9-10 (9 / Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; 10 / que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. – Traduction : Louis Segond, 1881)

samedi 11 octobre 2014

Le monastère planétaire

Le monastère planétaire

d’Yves Bernabeu

Le Relié, 188 p., 17 €

 
 
Rabelais nous a donné, au milieu du XVIe siècle, l’abbaye de Thélème, dont la devise trompeuse en première lecture, « Fais ce que voudras », ne pouvait masquer l’idéal évangélique du Gargantua, sa glorification de la Jérusalem céleste et de la volonté divine comme source de nos volontés humaines. Dans cette première décennie du IIIe millénaire, le grand philosophe italien Giorgio Agamben nous a aussi gratifiés d’une méditation salutaire sur le monachisme occidental (1), de Pacôme le Grand (vers 292 – 346 après J.-C.) jusqu’à François d’Assise, où l’ascèse de la « très haute pauvreté » vise une extraordinaire libération.

Une autre mondialisation

Et voici qu’Yves Bernabeu, enseignant de yoga, consultant et grand marcheur leur emboîte le pas, déployant à partir de ses expériences réalisées au cœur des crises sociales et personnelles (elles sont liées, mutuellement, dit-il) l’utopie d’une « société spirituelle » qui se veut « réelle proposition » d’un « monastère planétaire ». Pourquoi « monastère » ? Parce que la source de la révolution spirituelle et sociale proposée par ces pages limpides est intérieure, en chaque personne, et qu’elle est libérée par la méditation, la contemplation, le recueillement, mais aussi par la « liturgie du jour » ou la religion qui sont sorties du « cloître ». Dans ces conditions, une autre mondialisation que celle de la marchandise est imaginable, en quête d’un « Esprit sans bornes ».

Antoine Peillon (publié dans La Croix)
(1) G. Agamben, De la très haute pauvreté. Règles et formes de vie, Payot, 2011.

jeudi 2 octobre 2014

Péguy, tel qu’on ne l’ignore plus

Ce quatrième volume des œuvres de Péguy publiées dans la Pléiade réunit ses œuvres poétiques et dramatiques, du « Mystère de la charité de Jeanne d’Arc » à «La Tapisserie de Notre-Dame »

Œuvres poétiques et dramatiques

de Charles Péguy

Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1 888 p., 75 € (67,50 €, jusqu’au 31 déc. 2014)

Péguy tout entier, en Pléiade. Enfin ! pourrait-on souffler. Car cette édition profondément renouvelée et parfois originale de textes si difficilement classables sous les étiquettes de « poésie » ou de « drame » – leur auteur titrait « Chanson », « Mystère », « Ballades » ou même « Tapisserie », autant que « Sonnets » – fait véritablement office de suite et fin aux trois volumes des Œuvres en prose complètes déjà publiés en 1987, 1988 et 1992.

jeudi 31 juillet 2014

Jaurès, combattant républicain inspiré

Jaurès le prophète. Mystique et politique d’un combattant républicain,

d’Éric Vinson et Sophie Viguier-Vinson

Albin Michel, 311 p., 20 €




Le sous-titre du livre dit beaucoup de ce qu’il défend: « Mystique et politique d’un combattant républicain ». Comment ça, mais qu’est-ce que la mystique vient faire ici à propos de Jean Jaurès, le héraut des mineurs grévistes de Carmaux (1892-1895), le fondateur du journal L’Humanité, en 1904, le socialiste, le corédacteur des lois de séparation des Églises et de l’État, en 1905 ?

jeudi 3 avril 2014

Michel Dujarier : "Le mot fraternité est le nom propre de l’Église"



De la «fraternité», nous n’avons gardé que le sens de la solidarité. Pourtant, sa signification théologique est un principe premier de l’Église. Et elle recèle une force pastorale qui est partage de la «vie divine».


https://nndnnsntdg.blogspot.com/2017/01/quand-leglise-est-devenue-fraternite-en.htmlhttps://nndnnsntdg.blogspot.com/2017/01/quand-leglise-est-devenue-fraternite-en.html